mapNews, le 29 novembre 2021

BIM et RE-2020

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Le BIM au service de la RE-2020

Alors que tous les bureaux d’études en technique fluide s’évertuent à faire fonctionner les premiers supercalculateurs beta censés vérifier l’application de la nouvelle Réglementation Environnementale (RE), la date fatidique du 1er janvier 2022 arrive à grands pas. À un mois de l’échéance, l’affolement est à son comble. La quasi-totalité des promoteurs produisant des logements, ou des locaux à usage d’habitation type hôtellerie ou résidence tourisme, se précipitent pour déposer des permis de construire avant le 31 décembre afin d’échapper à une réglementation qu’ils voient comme un véritable épouvantail. Il est vrai que la vision qu’ont les professionnels de cette nouvelle réglementation tant attendue, son appellation 2020 pour une mise en application 2022 en avait fait sourire plus d’un, est plus que flou. Si l’impact bénéfique sur le climat semble indéniable, celui sur les professionnels de l’immobilier reste plus que difficile à évaluer, d’où l’affolement du microcosme du bâtiment. Si certains prédisent une large augmentation des prix, se risquant parfois à des supputations très précises (plus 120 € du mètre carré… !), très peu imaginent que cela va simplifier la façon de concevoir et de construire ! Une chose est certaine : l’anticipation dans les études sera de plus en plus nécessaire.
Pour ce qui est des permis de construire, ils sont réputés en France plutôt légers dans leur degré de conception engagée. La nouvelle réglementation va, de fait, exiger une anticipation beaucoup plus forte des facteurs liés au fonctionnement, à l’entretien, à la consommation et donc à la technique et l’enveloppe du bâtiment, et bien au-delà.

De toute évidence, il sera de plus en plus compliqué d’obtenir la fameuse attestation RE nécessaire au dépôt du sacrosaint PC. Cette complexification du dossier de demande de permis de construire, déjà largement amorcée par les réglementations précédentes, va du coup bouleverser les usages de la profession et, notamment, dans les rapports entre les administrations, les promoteurs et les maîtres d’œuvre. Autre certitude : le recueil va devenir le sport préféré des ingénieurs en charge de cette fameuse attestation. Elle va les contraindre à aller beaucoup plus loin que dans les épisodes précédents. La data va valoir son pesant d’or et, surtout, il va falloir aller la chercher loin ! Quelles compétences, par exemple, pour un bureau d’étude fluide dans le calcul de l’empreinte carbone d’un massif de fondation… ?
Par répercutions, la notion même d’intégration du bâtiment dans toutes ses composantes au sein d’une maquette complexe, qui intégrerait ces fameuses fiches FEDS et une masse d’informations extrêmement importantes, devient évidente.
Pour avoir une vision sur l’empreinte carbone totale de la boîte construite, la maquette partagée devient non plus un outil important mais tout simplement la base obligatoire d’une réflexion pertinente. Autrement dit, le BIM, qui a mis si longtemps à pénétrer dans nos modes de fonctionnement, va sans doute devenir le passage obligé de la réponse à la problématique de la RE-2020. Centralisation de datas, pièce unique de référence, objet central de la réflexion globale, cet avatar du bâtiment est le fruit ultime de la conception. Il devient le moyen, et peut-être le seul moyen, d’obtenir cette fameuse vision environnementale complexe de l’édifice qui pourra devenir le reflet précis de la vérité future de son empreinte carbone.
Le BIM, adopté déjà par les entreprises pour des raisons évidentes d’optimisation du coût de la construction, se révèle finalement pièce maitresse du rassemblement de l’ensemble des acteurs du bâtiment, en véritable outil performant au service de l’intelligence de la conception.

#Bim #RE-2020 #FEDS #carbone